BOBBY SICHRAN

Interview: Renato photos: ORC


La veille de son concert au Festival des Inrock', premier concert en France pour la promotion d'un premier album très remarqué, Bobby Sichran est souriant.

R:Tu chantais dans le métro de New-York, il n'y a pas si longtemps. Parle nous de cette expérience.

Bobby Sichran: On y voit beaucoup de choses. Les gens te demandent n'importe quelle chanson, il faut être prêt à tout. Il y en a un qui m'a proposé 1 $ si j'arrivais à le faire rire, je lui ai chanté Stray Dog, il a souri, j'ai aboyé, il a ri et est parti. J'ai du le rattraper pour obtenir mon $.

R: Tu as conservé ce goût pour des styles éclectiques que tu mélange allègrement dans tes chansons.

BS: Oui, je ne me dis pas à l'avance: je vais faire du reggae, ou du hip-hop. J'écris juste la chanson. C'est comme si je disposais de couleurs: le hip-hop, c'est le rouge, le reggae est bleu, la country est verte... Et je fais ma peinture! ... J'adore Rimbaud, je me suis inspiré des Illuminations pour une chanson: Burning like a Tire. C'est par une chanson de Bob Dylan que je suis venu à Rimbaud.

R: Parle-nous de ton album "From a Sympathetical Hurricane", que tu interprètes entièrement seul, et que tu as produit?

BS: Hurricane, c'est ce qu'il y a dans ma tête, mais ce n'est pas destructeur, ça n'emporte pas les maisons, c'est un ouragan sympathique. Sur l'album, j'ai fait plein de trucs moi-même, j'essayais, parfois c'était lamentable, parfois, c'était bon, je progressais. A la fin, je pouvais produire l'album. Alors j'ai été voir les maisons de disques avec une démo. Tous disaient "Ouais c'est super, ne nous appelle pas, on t'appelle". Sauf une.

R: A ce propos, il y a un petit texte sur la Columbia River dans la pochette du CD...

BS: C'est un montage que j'ai fait. Le début vient d'une chanson de Woody Guthrie sur Grand Coolie Dam, ce gigantesque barrage, qui était le grand rêve pour lequel les gens souhaitaient sacrifier leur vie. Des gens sont morts pour le construire. Ensuite, ce sont des paroles de Van Morrisson, de Sly Stone...Il y a une image sur le raffinage des artistes par l'industrie du disque, comme la farine, les éléments nutritifs disparaissent... Mon aliment favori est le riz complet...

R: Parles-nous des textes de tes chansons...

BS: Il y a deux écoutes de l'album, une directe pour danser, l'autre plus attentive, permet de suivre une histoire tout au long de l'album. Real Live Wire, c'est la jungle de la rue, le tueur tué, la recherche d'un monde plus transcendant. Burn like a tire correspond à l'overdose du matérialisme, de ses drogues, Freedom is Calling, c'est quand tu réalises que tu es contrôlé par l'aspirine, la TV, il y a tellement de moyens d'éviter la douleur dans le monde moderne, que tu traverses le matérialisme pour atteindre le spirituel. Pendant quelques minutes, je marche avec les anges. Et puis boum, je retombe dans la rue avec Poison Arrow. Cette chanson s'inspire du film Mort à l'arrivée, je veux tuer celui qui m'a tué. Soudain, je disparais et devient le revendeur d'âme dans Soul runners...

R: Le dernier message pour nos lecteurs?

BS: Je suis célibataire, seul et je trouve les Françaises très belles!


Retour Sommaire